Entreprises

TPE-PME, le baromètre du Cercle Perspectives

Regroupant 17 des 60 premiers cabinets d’expertise-comptable français (dont EN NOUVELLE-AQUITAINE la Compagnie Fiduciaire, Exco FSO et @COM), le Cercle Perspectives présente chaque mois son baromètre social des TPE-PME. Objectif : suivre l’activité des entreprises face à la crise engendrée par le Covid-19. Un outil de pilotage efficace et pertinent conçu autour de 3 données clés : activité partielle, arrêt maladie, congés payés. Le baromètre de mai vient de paraître.

Par Vincent ROUSSET - 17 juillet 2020
______

Chaque mois désormais et jusqu’au mois de décembre, le Club Perspectives publiera un baromètre social des TPE-PME. Créé en 2018, ce club regroupe près de 15 000 professionnels du conseil d’entreprises issu de 17 grands cabinets d’expertise-comptable parmi les plus importants en France, ce que l’on appelle les « Cabinets ETI » situés entre la 20e et la 50e places au niveau national. Implanté dans plus de 840 villes et maillant toutes les régions françaises, le Cercle Perspectives accompagne plus de 350 000 entreprises (groupes, ETI, PME et TPE) et représente un chiffre d’affaires global de près de 1,5 milliard d’euros. Parmi ces grands cabinets, on trouve des régionaux néo-aquitains tels que la Compagnie Fiduciaire, Exco FSO et @COM présents aussi en Occitanie. Jusqu’à présent, les représentants de ce Club échangeaient de manière informelle sur la situation économique des entreprises. 

« Indéniablement, la crise du Covid-19 a accéléré la création de ce baromètre social », affirme Jean-Philippe Romero, PDG de la Compagnie Fiduciaire. 

Relance notable de l’activité

« La TPE-PME est généralement la grande oubliée des grands projets et politiques publiques. Ce baromètre sera un bon moyen de mesurer sur les prochains mois la manière dont les entreprises mettent en œuvre les mesures de préservation de l’emploi pour accompagner la relance car dans cette crise, non seulement l’état a pris la mesure de la situation mais les mesures prises se vérifient sur les TPE », déclare David Piquer, PDG d’@COM. « Entre les reports de charges et les PGE, l’état est intervenu rapidement et efficacement à bon escient. Que serait-il advenu s’il n’avait pas pris ces mesures ? », souligne Jean-Philippe Romero.

Parmi les premiers enseignements du baromètre réalisé sur mai, on note pour ce mois-ci une relance notable de l’activité avec un taux d’inactivité des entreprises de 27 % contre 50 % sur le mois d’avril. Le taux d’arrêt-maladie, qui avait été une des mesures recommandées par le gouvernement, a nettement baissé sur le mois de mai se situant dans les moyennes habituelles. Malgré le déconfinement progressif à partir du 11 mai, les secteurs de l’hébergement et des activités sportives ont été encore fortement paralysés avec des taux d’inactivité largement supérieurs à 50 %. Toutefois, certaines TPE-PME spécialisées dans la restauration ont pu un peu relancer leur activité grâce au développement de la vente à emporter.

Si en avril, les plus petites structures ont eu recours de manière significative à l’activité partielle, cette tendance s’est largement réduite au mois de mai. « Les plus petites entreprises ont utilisé la mécanique de l’activité partielle et les plus grandes ont plus mis en œuvre le télétravail », observe David Piquer. Sur la période analysée, les TPE (de 1 à 10 salariés) se sont ainsi remobilisées rapidement sur le mois de mai avec une baisse de près de 47 % de leur taux d’inactivité.

Reprise difficile dans les zones touristiques

Alors que l’activité partielle se situait en moyenne à 36 % en France au mois d’avril, les résultats du baromètre soulignent une chute de 15 % au mois de mai pour s’établir à une moyenne nationale de 22 %. Malgré les mesures de déconfinement, le taux d’activité partielle a peu baissé en Ile-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, zones particulièrement touristiques et pourvues d’hébergement et restauration.

2020, année de tous les dangers

Le prochain baromètre du Cercle Perspectives, réalisé sur juin, sera publié à la fin du mois de juillet dans un climat d’incertitude. « Il ne faudrait pas que le redémarrage de l’activité soit poussif, il faut que l’argent circule », prévient le PDG d’@COM. « Le vrai sujet de fond est de restaurer la confiance et la sécurité des paiements », insiste le PDG de la Compagnie Fiduciaire rappelant comment dans ce contexte, les experts-comptables sont plus que jamais les « médecins généralistes des entreprises ». « Les dirigeants sont sonnés et ont dû réagir dans l’urgence. C’est comme s’il y avait eu un tremblement de terre mais ces dirigeants ne perçoivent pas tous le monde d’après. Une chose est sûre : cette crise est en train d’accentuer la digitalisation des entreprises », explique David Piquer. Après une année 2019 où l’économie française avait plutôt connu une bonne dynamique, 2020 sera l’année de tous les dangers. Et le baromètre du Cercle Perspectives analysera finement comment les entreprises petites et grandes vont s’en sortir… ou pas.