Droit

La journée des Legal Tech

L’Incubateur du Barreau de Bordeaux organise le 28 novembre le « Legal e-day ». Objectif : favoriser l’innovation et l’essor des legal tech.

Jennifer WUNSCH - 22 novembre 2019
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Le 28 novembre prochain, au Village by CA, l’Incubateur du Barreau de Bordeaux organise le « Legal e-day », ses Prix de l’innovation. Trois prix seront remis à des legal tech innovantes dans les catégories « avocats », « étudiants » et « coup de cœur de l’Incubateur ». A la clé, un total de 9 000 euros à partager, mais surtout un accompagnement en nature par des partenaires du Barreau : un pack communication de l’éditeur de logiciels juridiques Lexbase ; une incubation à la Kedge Business school ; la possibilité de tourner dans les Villages by CA de France, ainsi qu’un accompagnement par Disrupt Campus. « Une douzaine de candidats sont déjà inscrits. Ils viennent de toute la France, et même de Belgique », se réjouit Me Pierre Gramage, vice-bâtonnier de Bordeaux, à l’initiative de cet Incubateur lancé en 2018. Parmi eux, il y a seulement quelques Bordelais : un dans la catégorie « étudiants », au stade « d’idée » et une start-up dont le projet est en cours de finalisation. « Nous espérons qu’un troisième va concourir », confie Pierre Gramage, qui a pour cela reculé la date de dépôt des dossiers du 8 au 18 novembre.

Ce dossier, le vice-bâtonnier y tient. Car l’organisation de ce « Legal e-day », tout comme la création de l’Incubateur du Barreau, ont pour vocation de « faire sortir les projets du bois. Nous servons de filtre de l’innovation et assurons la pré-validation des projets sur le plan déontologique. Mais nous avons surtout une fonction d’éveil et de sensibilisation à l’innovation », assure Pierre Gramage, qui s’est donné 2 à 3 ans pour faire bouger les lignes. « Les avocats peinent à se mettre en mouvement. Il est difficile pour eux de passer d’une culture libérale à une culture entrepreneuriale », constate le vice-bâtonnier. Alors l’Incubateur du Barreau, pour lequel une dizaine d’avocats donnent de leur temps, multiplie les initiatives pour diffuser cette culture dans le milieu : « nous développons des modules de formation pour les legal techeurs, en partenariat avec Kedge et nous sommes en train d’essayer d’en créer d’autres avec Septeo (éditeur de logiciels juridiques, NDLR) », détaille Pierre Gramage. « Nous poussons également pour qu’un grand Incubateur ouvre une filiale legal tech. Et nous travaillons avec l’université de droit sur un projet de chaire sur l’innovation ».

Barrière financière
Mais l’équation reste difficile à résoudre : « il faut trouver comment être innovant, dans un cadre éthique, tout en maintenant le rôle de l’avocat », observe le vice-bâtonnier. Autre barrière : le manque de moyens financiers. « Nous réfléchissons à mettre en place une plateforme de crowdfunding commune avec les Incubateurs des Barreaux pour financer les projets », expose Pierre Gramage. En attendant, le jury des Prix de l’innovation, composé de membres du Barreau de Bordeaux, de Kedge et de partenaires tels que l’Université de Bordeaux, Lexbase et le Village by CA, se réunit le 27 novembre pour désigner les lauréats. Puis le 28, jour du legal e-day, après une table ronde avec quatre spécialistes sur l’intelligence artificielle et la blockchain contre le legal design, les candidats viendront « pitcher » leur idée, avant la remise des prix.