Economie

Immobilier : les comportements changent

Les Français consacrent toujours le même budget (moins de 250 000 euros) pour acheter leur résidence principale. Mais ils sont de plus en plus nombreux à considérer que leur métropole régionale est le meilleur endroit pour investir. Décryptage, dans une étude Ifop.

AD - 8 mai 2019
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Comment recherche-t-on un logement ? Les Français sont-ils prêts à être mobiles ? Où veulent-ils investir ? L’étude, « les Français et le marché immobilier… face aux enjeux socio-économiques », réalisée par l’institut Ifop pour Optimhome, réseau immobilier de 1 437 conseillers, explore de multiples facettes de ce phénomène. Le sondage, mené auprès d’un échantillon de 1 503 personnes de 25 à 65 ans, en ligne, début mars, a été présenté le 11 avril, à Paris. 

Concernant le climat général du pays, tout d’abord, « une petite majorité de la population est optimiste concernant sa propre situation, mais cela cache des clivages », explique Romain Bendavid, directeur de l’expertise corporate et communication d’entreprise à l’Ifop. Notamment, les Millénials (de 25 à 34 ans) sont plus optimistes que la génération X (de 42 à 52 ans) et  les cadres que les ouvriers. Pour autant, 55 % des sondés estiment que le contexte est défavorable à l’achat d’un bien immobilier. « Il s’agit d’une inversion de la tendance », pointe  Romain Bendavid. Là aussi, les avis diffèrent, notamment en fonction de l’âge : 50 % des Millénials estiment que le moment est favorable, contre 39 % de la génération X. Toutes tendances confondues, pour les sondés, les mesures gouvernementales comme la reconduction du prêt à taux zéro (PTZ) et du dispositif de défiscalisation Pinel jusqu’en 2021, ainsi que la suppression de la taxe d’habitation, auront un effet positif sur l’achat de biens immobiliers.

L’essentiel des achats sous la barre de 250 000 euros

Le sondage décrypte ensuite le comportement des acheteurs.
Au chapitre budgétaire, la somme investie pour acheter sa résidence principale demeure « assez stable », commente Romain Bendavid. Dans 65 % des cas, elle se situe entre 100 000 et 250 000 euros. Mais la répartition géographique est très inégale. 67 % des achats dans le quart  nord-est de la France se situent sous la barre des 200 000 euros, contre 61 % dans l’Ouest, et 41 % en région parisienne. Quant au crédit, 82 % des acheteurs y ont recours, une tendance là aussi stable. « Ce qui évolue, c’est la durée du crédit, qui connaît une hausse importante », note Romain Bendavid. Ainsi, 47 % des personnes ayant eu recours au crédit l’ont fait pour une durée entre 21 et 30 ans, contre 31 % l’an dernier. 

Deuxième point, sur les modalités de recherche, « comme dans beaucoup d’autres secteurs, les Français ont des comportements hybrides », constate Romain Bendavid. Et ces comportements le sont doublement : les Français pratiquent à la fois les outils numériques et physiques, l’achat en direct et le recours aux professionnels. Ainsi, ils sont plus de 70 % à utiliser des sites d’annonces, le contact avec des professionnels de l’immobilier et les annonces sur les vitrines de ces derniers. Le bouche à oreille arrive juste après. En revanche, ils ne sont que 22 % à se servir des réseaux sociaux. Lorsqu’ils consultent en ligne des annonces de ventes immobilières, les acheteurs recherchent prioritairement des descriptifs détaillés (73 %) et des photos (67 %). Le diagnostic énergétique ne vient que loin derrière (31 %). Quant aux vidéos, elles n’intéressent que 9 % des clients. 

Les trois quarts des vendeurs passent par un professionnel

Le sondage analyse ensuite le comportements des vendeurs. D’après leurs réponses, ce qui caractérise le mieux pour eux une vente réussie, c’est d’abord (dans 53 % des cas) un prix de vente proche de leur propre estimation. La rapidité de la réalisation de la vente et le fait de ne pas devoir gérer de formalités administratives viennent loin derrière (moins de 20 % des cas). Autant de paramètres que semblent avoir intégrés les professionnels immobiliers, à en suivre les réponses : 61 % des Français ont une bonne image d’eux, un chiffre stable depuis deux ans. De fait, ils sont de plus en plus nombreux à avoir recours à un agent pour vendre ou acheter leur résidence principale. C’est le cas de 74 % des vendeurs, soit 3 points de plus qu’en 2018. Et la proportion est encore plus importante dans les grandes métropoles. C’est également le cas de 68 % des acheteurs, (+ 6 points, par rapport à 2018). 

Retour chez les vendeurs : parmi les critères de confiance à l’égard d’un conseiller immobilier, sont citées la réactivité (25 %), suivie de sa réputation, la personnalisation de ses conseils et ses qualités d’écoute. L’agence pour laquelle il travaille ne vient que loin derrière (5 %). De fait, parmi les services jugés prioritaires dans le cadre de la vente d’un bien, arrivent en tête une estimation fiable du bien par rapport au prix du marché (71 %), la vérification de la solvabilité des acquéreurs (51 %) et des conseils professionnels sur les diagnostics techniques à réaliser (41 %). 

Le meilleur investissement ? La métropole la plus proche 

Le dernier volet de l’étude porte sur l’intérêt des Français pour la mobilité géographique et son rapport avec l’investissement immobilier. Concernant le palmarès des villes les plus attractives pour investir dans l’immobilier, « Bordeaux continue à ressortir en tête. Le Grand Ouest a le vent en poupe. Nantes passe devant Paris, qui dégringole à la troisième place », résume Romain Bendavid. Derrière ce trio, figurent Toulouse, Lyon et Lille. En fait, les Français considèrent en général la métropole de leur région comme le meilleur investissement. Dans le quart sud-est, c’est Lyon qui arrive en tête, suivi de Bordeaux et Toulouse. Dans le quart nord-ouest, Nantes est suivie de Bordeaux et Paris. Dans le quart nord-est, toutefois, Lille n’arrive qu’en deuxième position, entre Bordeaux et Strasbourg. Le quart sud-ouest privilégie Bordeaux, Toulouse et Paris. 

L’investissement immobilier dans une autre ville que la sienne ne signifie pas mobilité personnelle. Toutefois, « c’est un souhait qui se développe », note Romain Bendavid. Ainsi 40 % des sondés envisageraient une mobilité dans les cinq ans. Mais les situations sont très diverses. C’est le cas de 52 % des cadres, contre 40 % des ouvriers, et de 53 % des Millenials, contre 36 % de la génération X. Les habitants de la région parisienne sont 57 % à envisager la mobilité, contre 37 % de ceux des communes rurales ou urbaines, en régions. 

Par ailleurs,  près des trois quarts des sondés estiment que le fait d’avoir recours au télétravail pourrait les encourager à une mobilité géographique. Parmi eux, la plupart préférerait le faire dans une métropole régionale (72 %), plutôt qu’en milieu rural ( 57 %).