Economie

Gironde Terre promise

Déjà bien placée dans les départements français, la Gironde essaie de valoriser encore davantage ses offres avec sa nouvelle place de marché et de favoriser les tournages dans ses terres. Un faire-valoir qui passe par le faire-savoir !

Nathalie VALLEZ - 6 mai 2019
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La Gironde cultive son faire-valoir

La Gironde reste dans le peloton de tête des départements français les plus visités. Avec 6 millions de touristes chaque année, elle se maintient à la 4e place nationale. Parmi eux, on compte 80 % de Français et 20 % d’étrangers, pour un rapport de 20 millions d’euros chaque année. La durée du séjour – 5 jours en moyenne – se raccourcit car, effet LGV et nouvelles lignes aériennes, on assiste de plus en plus à des « city breaks. » Bordeaux à elle seule attire d’ailleurs 6 millions de visiteurs (qui ne passent pas forcément la nuit sur place à la différence des touristes) à l’année. Les autres principaux pôles d’attraction restent le littoral et les vignobles (Saint-Émilion en tête). Différentes actions ont été engagées, autour du phare de Cordouan notamment, de l’animation des routes des vins ou des conventions d’aménagement des ports. Soit un budget de 1 million d’euros sur 2 ans pour accompagner les territoires et un million pour la route des vins. La création d’un nouveau site Internet exprime cette volonté de resserrer le maillage sur les territoires.

Mais il y a faire-valoir et faire-savoir. « Seulement 20 % des offres en Gironde sont en ligne », regrette Pascale Got, présidente de Gironde Tourisme, « d’où la création du site Visiter Bordeaux ». Gironde Tourisme et l’Office de Tourisme se sont ainsi associés pour commercialiser des activités de loisirs. Ce modèle « place de marché » online permet la visibilité et la commercialisation de prestations par plusieurs canaux de vente. Un bon moyen de faire découvrir de nouvelles offres.

Le bon marché des tournages

Qu’on se le dise : la Gironde est une terre d’accueil pour les tournages et compte bien le demeurer. Point d’orgue de cette volonté : la création d’un fonds d’aide au cinéma voté le 8 avril dernier de 150 000 euros. « Chaque euro engagé rapporte 7 € », commente Marie Rateau, du bureau des tournages de la Gironde. Le nombre de jours de tournage a d’ailleurs augmenté de façon conséquente, passant de 317 en 2016, 354 en 2017 à 461 en 2018. Le Département a mis en place une base de données qui recense les acteurs et figurants (250) et 250 techniciens. Les services aident également les productions pour la recherche des décors, des lieux de tournage. Ces dernières semaines, c’est pour le film « mon Cousin » avec Vincent Lindon et François Damiens que le Département a lancé une recherche de figurants. Alors que d’autres départements se spécialisent en documentaires ou films d’animation, la Gironde accueille essentiellement des fictions telles que les séries françaises récurrentes : « Mongeville », « Alexandra Ehle » (France 3) « Vestiaires » (France 2) ou des feuilletons tels que « Si tu vois ma mère » (Arte). L’animation est également venue du premier tournage d’une série chinoise « Everyone wants to meet you » du 2 au 15 avril. Elle devrait être suivie par 80 millions de Chinois, une belle vitrine pour la Gironde ! De nombreux longs métrages sont également tournés chaque année sur les terres girondines tels que le dernier film de Guillaume Canet « Nous finirons ensemble », suite des « Petits mouchoirs » tournés au Cap-Ferret. Mais ici, comme en tourisme, ce sont toujours les mêmes sites qui attirent : le Bassin d’Arcachon, Bordeaux, Saint-Émilion, alors que le Département tente d’attirer les productions vers d’autres lieux tels que l’Entre-deux-Mers, la Haute Gironde ou encore l’Estuaire. 

Les copains d’ici

Dès le premier plan, on y est. On connait la route. Ce virage de Claouey avec vue imprenable sur le Bassin. Lui qui s’étend en bleu et or à perte de vue. Les revoilà les copains des « Petits mouchoirs ». Ils n’ont franchement pas changé, peuvent être aussi touchants qu’agaçants, c’est selon. Comme ils ne lisent pas « Libération », ils n’ouvrent toujours pas un livre, ni un journal, mais ponctuent leurs (nombreux) repas d’un bon bordeaux rouge ou blanc. On réservera une mention spéciale pour François Cluzet épatant. Pour le reste, on connaît la chanson. C’est celle de Starmania : « on dort les uns contre les autres, on couche les uns avec les autres, on se déteste, on se déchire, on se comprend, on se console, mais au bout du compte… ». Tourné il y a un an, le film fait la part belle au Bassin. Vu d’ici, vu d’en haut, vu de l’eau, on se prend à aimer si fort ce coin de nature, même si c’est tout de même un Cap-Ferret de carte postale qu’on nous vend, avec maisons en bois en première ligne. On voit que Guillaume Canet connaît bien les lieux, même s’ils ont quand même dû tourner en rond dans les 44 hectares pour aller d’une maison Bartherotte à une autre ! On se réservera un petit sourire pour les quelques Parisiens arrogants, roulant en 4X4, voulant « pisciner et carreler » les pelouses sableuses, tandis que le gars du coin – impeccable Joël Dupuch – se taille une fois encore la part belle avec vareuse, bourriche d’huîtres à la main, accent chantant, et une parfaite connaissance des passes et marées. Alors même s’il ne réserve pas de vraie surprise, y compris dans la scène de sauvetage en mer courue d’avance, on ne boude pas son plaisir. Et vu d’ici, cette bande de copains, on a presque l’impression d’en faire partie. 

« Nous finirons ensemble » de Guillaume Canet