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Factory Lake le 1er coworking industriel

Avec ses cellules évolutives de 150 à 500 m2, Factory Lake sera le premier espace industriel partagé en France, et il devrait sortir de terre à Bordeaux-Lac d’ici 2021. Rencontre avec son instigateur, Alexandre de Roumefort.

par Jennifer WUNSCH - 29 mai 2020
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Le lieu sera une première en France. C’est pourtant tout naturellement qu’Alexandre de Roumefort a imaginé l’espace industriel partagé et évolutif Factory Lake, qui doit sortir de terre à Bordeaux-Lac en 2021. Son entreprise U’rself, une ancienne imprimerie reconvertie dans le marketing opérationnel, a développé une plateforme permettant à ses clients comme Leclerc ou Cultura de numériser leur marketing du point de vente, de l’imprimer et de le distribuer ensuite aux magasins dans toute la France. « Nous stockons tous ces éléments supports de marketing, mais aussi de communication du point de vente, comme les caddies, tenues, sacs, flyers, etc. », explique Alexandre de Roumefort, dont la filiale toulousaine rachetée en 2019 gère aussi les opérations commerciales, comme les foires aux vins ou les anniversaires.

U’rself a dû poursuivre ses activités durant le confinement : « Au début, nous avions tout fermé et nous étions mis en télétravail », se souvient le dirigeant. « Mais nous avons rapidement dû rouvrir pour assurer la livraison et la production pour les grandes surfaces, avec de nouvelles méthodes de travail ». Le succès est tel pour l’entreprise, qui a doublé sa croissance tous les ans depuis 2016, pour atteindre un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2019, que U’rself a été amenée à déménager chaque année. 

Contraintessécuritaires

Or, changer de locaux n’est pas chose aisée pour une société industrielle en forte croissance. D’abord en raison de la durée des baux commerciaux, qui est de 3, 6 ou 9 ans. Mais aussi des contraintes sécuritaires et de l’évolutivité nécessaire. « Dans l’industrie, une embauche crée en moyenne un besoin de 20 m2 d’entrepôts supplémentaires », rappelle Alexandre de Roumefort. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de construire ce lieu modulable de 6 000 m2 sur deux niveaux, abritant des bureaux au 1er étage et au rez-de-chaussée des cellules pouvant mesurer entre 150 et 500 m2. « Elles disposeront de hauts plafonds adaptés aux machines de grande taille, une grosse portance au sol, un voltage adapté, etc. », énumère-t-il. Factory Lake proposera aussi des services mutualisés comme un cariste pour les chariots élévateurs, des prix attractifs pour les transporteurs, des achats groupés, de la formation, des salles de réunions et des lieux de vie partagés comme une cantine et une salle de sport. 

Le tout à Bordeaux, « en bordure de rocade, près de l’autoroute et de l’aéroport, et accessible aux 35 tonnes », précise Alexandre de Roumefort. Les locaux seront mis à disposition dans le cadre d’un contrat de prestation de services, afin d’offrir de la souplesse aux entreprises. « Nous avons imaginé le lieu comme un cluster dédié à l’industrie et à la logistique, un peu comme une pépinière, mais avec des services à la carte », explique le dirigeant de U’rself, qui prévoit d’occuper la moitié de l’espace.

Importants défis

Factory Lake doit encore relever d’importants défis avant de pouvoir accueillir ses premiers occupants : il faudra « mettre en place des process permettant de gérer les contraintes techniques de chaque métier, la partie logistique, et créer un esprit de travail tout en sécurité », prévient le dirigeant bordelais. Enfin, « il faudra convaincre les banques, car ce type de projet est nouveau, c’est un vrai pari, avec de vrais challenges ». Tout cela sans visibilité sur les contrats, qui ne seront signés que 6 mois avant la fin des travaux. Si, en raison de la crise, leur lancement a été reporté, décalant l’ouverture prévue de Factory Lake au second semestre 2021, des clients ont déjà manifesté leur intérêt. « La demande est très forte, car c’est inédit et il manque des espaces d’activités avec des entrepôts à Bordeaux », assure l’entrepreneur. Le projet intéresse aussi de grands groupes qui y voient des clients potentiels, comme les transporteurs, mais aussi des sociétés du CAC 40 sur la partie formation, à travers leurs fonds d’accompagnement des entreprises industrielles. Coût de l’investissement pour Alexandre de Roumefort et ses partenaires, dont l’association Bordeaux Entrepreneurs, qu’il préside, et la Mairie de Bordeaux, qui lui a vendu le terrain : 4,5 millions d’euros.