Economie

Conjoncture : bon maintien de l’économie

Selon l’enquête annuelle de la Banque de France régionale et trimestrielle de la CCI Bordeaux Gironde, l’économie néo-aquitaine s’est montrée solide en 2019. Et devrait se maintenir en 2020.

par Jennifer WUNSCH - 21 février 2020
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Malgré une année difficile, marquée par les mesures protectionnistes américaines, le Brexit, mais aussi des pénuries d’approvisionnement, des difficultés de recrutement et les nombreux mouvements sociaux de fin d’année, l’économie néo-aquitaine est restée solide en 2019 et devrait se maintenir en 2020, selon l’enquête annuelle de la Banque de France et trimestrielle de la CCI Bordeaux Gironde. C’est grâce à la demande intérieure que l’industrie régionale a continué de progresser, avec une croissance de 2,7 % en 2019, qui devrait être identique en 2020, malgré une baisse des exportations. Les fabricants d’équipements électriques ou électroniques et la chimie ont néanmoins été particulièrement impactés par les tensions commerciales internationales. Quant au matériel de transport, il a dû faire face à des difficultés de recrutement. Dans l’industrie alimentaire, la filière boisson devrait subir le contrecoup des taxes américaines, en particulier à l’export, et connaître une baisse de chiffre d’affaires en 2020. Par ailleurs, « après une faiblesse de l’investissement en 2019, il faut s’attendre à une reprise en 2020, notamment pour l’effort de modernisation et de renouvellement des moyens de production », a expliqué Régis Haumont, directeur délégué aux affaires régionales de la Banque de France Nouvelle-Aquitaine, lors de la présentation de l’enquête, le 5 février dernier à l’Université de Bordeaux.

Surperformance du BTP

Le secteur des services a pour sa part enregistré une progression de + 3,4 % en 2019, tiré par les prestataires de services d’ingénierie (informatique et information), dont le chiffre d’affaires a augmenté de 3,1 % en 2019, et devrait encore bondir de 6,7 % en 2020. La croissance du secteur des services devrait nettement ralentir en 2020, avec + 1,4 % attendus. Tandis que l’hébergement et les transports ont limité la casse liée aux mouvements sociaux et aux difficultés de recrutement, les agences d’intérim, elles, ont connu un important repli en 2019, et devraient encore voir leur chiffre d’affaires fondre de 1,5 % cette année. 

Le secteur de la construction, quant à lui, s’est consolidé en 2019, après le rebond de 2018, avec une croissance de la production de 2,5 %. C’est surtout le gros-œuvre qui a progressé, et cela devrait se poursuivre en 2020. « On constate une surperformance du BTP en matière de chiffre d’affaires et de rentabilité », a précisé Laurent Putz, responsable du pôle études de la CCI Bordeaux Gironde, et ce en dépit du manque de candidatures et de la grosse rotation de personnels auxquels est confronté le secteur. Le commerce, enfin, a connu de réelles difficultés, un véritable « décrochage » en 2019. Et si le commerce de gros a résisté, le commerce de détail, lui, a beaucoup souffert, avec les nombreux mouvements sociaux qui ont marqué la fin d’année. Néanmoins, « la conjoncture girondine s’est améliorée en 2019, après le creux de 2018. En particulier dans les agglomérations de Bordeaux et de Libourne. L’activité a été stable à Blaye et Arcachon, et s’est dégradée dans le Médoc et le Sud-Gironde », a détaillé Laurent Putz.

Nombreuses incertitudes

Au global, l’ensemble des secteurs d’activité a progressé en 2019. Une croissance qui devrait ralentir en 2020, en raison des risques qui pèsent sur la conjoncture mondiale. « Les incertitudes sont nombreuses, a précisé en ouverture Denis Lauretou, directeur régional Nouvelle-Aquitaine de la Banque de France. En particulier les tensions entre les États-Unis et l’Iran, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les tensions sociales dans de nombreux pays, mais aussi le possible retournement des marchés financiers, et les risques climatiques et pandémiques ». Dans ce contexte, « un changement est en train de s’opérer », a assuré Patrick Seguin, président de la CCI Bordeaux Gironde. « Nous sommes en train de passer d’une économie mondialisée à une économie localisée et raisonnée. Nos entreprises doivent être plus vertueuses en termes sociaux et environnementaux – ce qui a un certain coût -, mais aussi meilleures en terme de rentabilité », a-t-il prévenu.