Tribune

Compagnie Fiduciaire : nouveau siège, nouvelles ambitions

Le groupe d’expertise-comptable et d’audit vient de s’installer quai de Paludate dans son nouveau siège social dans le quartier en mutation de Bordeaux Euratlantique. Rencontre avec le PDG Jean-Philippe Romero, résolument tourné à la fois vers la proximité humaine et le digital.

Vincent ROUSSET - 5 juin 2019
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Echos Judiciaires Girondins : Vous avez quitté récemment votre siège historique des allées de Serr à Bordeaux pour vous installer dans le nouveau quartier d’affaires Euratlantique dans un bâtiment flambant neuf. Pouvez-vous nous expliquer le pourquoi et le comment de cette opération ?

Jean-Philippe Romero : « C’est un projet sur 5 ans. D’abord, nous avions un manque de place. Nous étions allées de Serr sur la rive droite depuis 30 ans et du fait de notre développement constant, nos effectifs ont grossi
avec l’arrivée d’informaticiens et d’un service communication sans oublier les fonctions support. Ce qui a été déterminant pour nous : le lieu. Le nouveau quartier Euratlantique nous est apparu comme le lieu idéal et nous sommes arrivés parmi les premiers. Nous souhaitions avoir un bâtiment nouvellement construit à taille humaine mais avec un bon emplacement. Le souci est qu’il y avait une boîte de nuit à cet endroit et il a fallu attendre au moins 2 ans pour la démolition puis la construction. Le chantier a démarré en juillet 2017 pour une livraison prévue fin 2018 et un déménagement pour début janvier 2019. »

EJG : Mais il y a eu un énorme imprévu…

J.Ph. R. : « Oui, le 24 décembre au soir, nous avons eu un énorme dégât des eaux. Le cumulus est tombé de tout son poids, par un défaut de pause. Ce dégât des eaux a entraîné une panne de notre système de sécurité. Nous avons dû emménager dans des locaux provisoires juste à côté heureusement ! Tout cela a eu pour conséquence un retard considérable : de ce fait, il y a eu 4 emménagements de notre personnel (soit 90 personnes) par vagues fin avril et tout ce mois de mai. Mais nous y sommes aujourd’hui très bien ! »

EJG : Au niveau régional, quels autres projets de construction ou reconstruction avez-vous mené dernièrement ?

J.Ph. R. : « En 2 ans, nous avons renouvelé plusieurs de nos locaux historiques. D’abord, il y a eu le gros projet de reconstruction à Villenave d’Ornon qui comprend 70 collaborateurs. à Toulouse, nous avons construit notre nouvelle entité à Ramonville qui comprend l’expertise-comptable et notre pôle Paye de la région Occitanie (70 collaborateurs également). à Bayonne, notre nouveau bâtiment a été livré en mars dernier. Quant au bureau de Cenon, il a été transféré dans de nouveaux locaux à Floirac entre l’Arena et le Mc Do (30 collaborateurs). »

EJG : Quelle est aujourd’hui votre stratégie ?

J.Ph. R. : « Nous voulons être un acteur fort à la fois en Nouvelle-Aquitaine / Occitanie et à Paris qui est une place incontournable et où nous sommes bien présents. Si nous avons rebâti des immeubles, c’est que nous voulons garder de la proximité avec le tissu économique local dans les territoires et proposer tous nos services, maintenir un réseau fort. Nous avons en fait une ambition régionale forte et en même temps une ambition digitale forte sur le national. »

EJG : à propos du digital, c’est une nouvelle orientation de votre métier. Comment vous positionnez-vous ?

J.Ph. R. : « Nous sommes depuis un certain temps dans une tendance à la dématérialisation de nos procédures qui fait que les opérations manuelles ont presque disparu. Nous sommes dans une stratégique du « 0 papier ». Nous ne récupérons plus simplement l’ensemble des flux mais nous devons être capable d’organiser ces flux de données. Il y aura forcément plus de travail dans l’interprétation des données. 

Depuis 2015, nous sommes engagés sur un mode 100 % digital avec « Ça Compte Pour Moi » où nous traitons toutes les opérations en ligne. Nous connaissons un succès certain puisque ce full digital représente 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en constante progression. Et notre modèle économique est rentable. Nous y avons consacré des moyens considérables et c’est sans fin. »

EJG : Digital certes avec aussi de la présence physique, donc vous pratiquez le « phygital » ?

J.Ph. R. : « Oui, nous avons lancé le projet « izzy » ou l’alliance du physique et du digital. Cela a été un bouleversement dans les mentalités à la fois de nos clients et en interne. Il a fallu revoir notre organisation pour avoir des prix plus compétitifs et nous devons accompagner et former nos collaborateurs à ces nouveaux enjeux. En outre, nous développons l’intelligence artificielle : celle-ci doit nous permettre d’offrir les chiffres du
futur pour nos clients qui veulent de la visibilité, cela doit nous permettre de les aider, leur montrer le chemin. Avec le digital, nous raccourcissons l’échelle du temps. »

J.Ph. R. : « C’est un drame pour la profession et cette loi Pacte est sévère. Passer à un seuil de 4 millions d’euros (au lieu de 8) aurait été plus pertinent. Les pouvoirs publics n’ont pas compris que l’on va casser une chaîne de compétence à la Compagnie Fiduciaire, nous allons être touchés évidemment, peut-être allons-nous perdre 20 % de nos mandats, mais je reste optimiste. Nous nous sommes inscrits dans la pro-activité et nos CAC sont réemployables avec un savoir-faire transposable auprès de nos clients par exemple dans l’analyse du risque. Nous allons perdre des mandats mais aussi proposer de nouvelles missions. »

EJG : Comment voyez-vous l’évolution du métier de commissaire aux comptes (CAC) suite à l’adoption de la loi Pacte qui rehausse les seuils d’intervention ? Et quelle conséquence pour la Compagnie Fiduciaire ?

EJG : Comment voyez-vous la Compagnie Fiduciaire dans un horizon de 5 à 10 ans ?

J.Ph.R. : « Déjà, nous avons lancé en ce début d’année 2019 un nouveau service : Paye Grands Comptes qui fait que nous réalisons et sécurisons 2 fois les bulletins de paye avec une assurance continuité du service (en cas d’arrêt maladie ou congé du comptable). Avec ce service, nous poursuivons notre accompagnement du client et ça marche fort.

à l’avenir, nous voulons être leader sur le digital et poursuivre notre croissance externe par spécialisation métier avec bien sûr une motivation géographique. Un rapprochement est en vue au 31 décembre prochain avec un cabinet du grand Sud-Ouest mais je ne peux pas en dire plus… »

Propos receuillis par Vincent ROUSSET