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Immobilier : Bordeaux ralentit

Deux ans après l’arrivée de la LGV entre Paris et Bordeaux qui avait contribué a la spectaculaire hausse des prix de l’immobilier dans la capitale girondine, le marché a connu au 1er semestre 2019 un ralentissement tout aussi spectaculaire.

Vincent ROUSSET - 30 juillet 2019
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Le phénomène est désormais connu. Forte de sa métamorphose et de sa nouvelle attractivité boostée par l’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse en juillet 2017, Bordeaux fait partie des métropoles qui ont connu la plus forte augmentation du prix de l’immobilier en 2018 faisant d’elle la deuxième ville la plus chère de France. Depuis le début de l’année 2019, cette tendance marque un substantiel retournement. « Nous constatons un tassement du marché. Si Bordeaux a connu un fort engouement, nous observons désormais un retour à la raison. Les délais de ventes s’allongent légèrement, il y a un peu plus de flexibilité dans les négociations et nos stocks de biens se reconstituent », témoigne Cyril Simon, responsable de l’agence Orpi de Bordeaux-Nansouty. Ainsi, clairement sur les six premiers mois de l’année, la flambée des prix s’est calmée et le retour à la normale se fait sentir. Le prix au m2 devient plus raisonnable et accuse une forte baisse de 7 % par rapport au premier semestre 2018 selon une analyse du réseau Orpi (qui compte d’ailleurs cinq agences à Bordeaux). Selon le réseau Cafpi, cependant, les prix des appartements bordelais sont toujours à la hausse, mais cette hausse se fait désormais à un rythme quatre fois moins soutenu. En termes d’évolution du prix des logements dans l’ancien, c’est à Bordeaux que se constate le « ralentissement le plus spectaculaire ». Si le prix des appartements dans Bordeaux centre a atteint 7 500-8 000 €/m2, on se situe aujourd’hui autour de 4 652  €/m2. Pour Bordeaux Métropole, le prix moyen par m2 pour un appartement atteint 4 006 € (soit une hausse de 3 % en 1 an) et le prix moyen pour une maison atteint 4 388€ (soit + 3,3 %). Le prix du m2 reste toujours très élevé. En effet, un ménage moyen (de 2,5 personnes) bordelais ne peut acheter qu’un 63,5 m2, contre 69 m2 pour la moyenne nationale. 

MÉRIGNAC ET PESSAC EN BAISSE

En revanche, il est intéressant de constater que dans les communes limitrophes de Bordeaux, la tendance en termes de prix immobiliers est à la baisse. Sur l’année, Mérignac voit le prix de son immobilier reculer de 0,7 % et à Pessac, les prix perdent 3,7 % sur les douze derniers mois. Cette baisse est d’autant plus surprenante que la demande de logements sur Bordeaux s’était reportée sur le marché des communes limitrophes. Par ailleurs, on constate que Bordeaux fait partie des communes dans lesquelles les studios se vendent le plus rapidement : 51 jours contre 74 jours en moyenne au niveau national. Malgré ce ralentissement, Bordeaux et son agglomération demeurent prisées. « Je suis confiant pour le second semestre, les perspectives sont bonnes. Bordeaux Métropole a par ailleurs beaucoup construit et continue de construire pour désengorger la forte demande », indique le responsable d’agence Orpi. Autre aspect, « les biens en très bon état trouvent toujours preneurs dans des temps record mais ceux nécessitant des travaux de rafraîchissement voient le nombre d’acquéreurs baisser et la durée de commercialisation augmenter. Cela entraîne une demande accrue autour de la métropole bordelaise ainsi qu’une répercussion de la hausse sur des secteurs jusqu’ici peu attrayants pour les acquéreurs », affirme Aurélie Monnereau, manager de l’Atelier Cafpi Bordeaux. « Les prix ont beaucoup trop augmenté entre la fin 2017 et 2018 » note Mathieu Massie, président de la Chambre des Notaires de la Gironde. « Les prix stagnent, ce qui donne un marché beaucoup plus serein, car cela permet de réfléchir, sans se précipiter pour ne pas se faire doubler. J’espère que ceux qui ont fait des acquisitions il y a 1 à 2 ans ne vont pas revendre de suite, car ils peuvent être confrontés à des difficultés !… »